Le Rocher du Dragon - Un voyage romantique sur le Rhin -    Musée de Cognac


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MYTHES ET LEGENDES
 

Depuis le 19e siècle, le paysage rhénan est 
pour les voyageurs fortement lié 
au monde des légendes. 
En réalité les légendes concernant 
le Drachenfels et ses environs 
restées populaires jusqu’à nos jours, 
ne sont que des inventions ou 
des remaniements de cette époque. 
Les versions écrites les plus anciennes 
datent du début du 19e siècle, 
à une époque où l’intérêt porté 
aux traditions populaires était fort. 
Dans leur enthousiasme pour les légendes, 
poètes et scientifiques 
ne se contentèrent pas seulement 
de transformer les légendes 
mais ils en inventèrent de nombreuses autres.

En Rhénanie, Aloys Schreiber et Miklas Vogt 
furent les pionniers en la matière. 
Ils publièrent ensemble en 1806 
un livre de poche de voyage, premier à relater 
de courtes versions des légendes rhénanes. 
C’est à Schreiber que l’on doit 
la légende de la Vierge du Drachenfels. I
l donna d’autre part à la légende d’amour sur le Rolandseck 
la forme que nous connaissons encore aujourd’hui. 

Depuis les années 1820 parut 
un grand nombre de recueils sur les légendes rhénanes. 
Les légendes du Rhin de Karl Simrock, datant de 1837, 
témoignent en particulier d’une grande qualité littéraire. 
Dans une édition plus tardive on trouve 
pour la première fois La légende du moine de Heisterbach.

 


Le dragon du Drachenfels

Un dragon terrible habite le Drachenfels. Son domicile est parfois localisé dans une petite cave naturelle sur le flanc de la montagne, du côté du Rhin. Il terrifie les habitants des alentours, mais va finalement périr. Les causes de sa mort divergent selon la version du récit:

a) Pour le calmer, les gens ont pris l'habitude de lui offrir une vierge, une fois par an. Lorsque le jour approche une nouvelle fois, ils prévoient de sacrifier une prisonnière de guerre, originaire d'une tribu christianisée. Lorsque le dragon s'approche d'elle, la vierge lui montre une petite croix. En reculant devant ce signe dont la force l’éblouit, le monstre tombe en bas du rocher et s'écrase.

b) Le dragon avait pris l'habitude d'attaquer les bateaux de passage sur le Rhin avec son souffle de feu. Un jour, il tombe sur un bateau chargé de poudre, qui explose et écrase ainsi le malfaiteur.

c) En faisant allusion à un récit des environs extrait de la chanson médiévale des "Nibelungen", le dragon devient, au cours d'une épreuve du début de ses aventures,
la victime de Siegfried, le jeune héros.
 

La naissance des Sept Montagnes

La région des futures Sept Montagnes était menacée par une énorme inondation, due à un barrage gigantesque bloquant le cours du Rhin. Dans leur désespoir, les habitants firent appel à sept géants, qui volontairement les aidèrent et enlevèrent le barrage à l'aide de leurs pelles énormes. Avant de repartir, chacun des géants nettoya son outil, ce qui créa sept tas de boue qui devinrent les Sept Montagnes.
 

Le Moine de Heisterbach

A Heisterbach, une ancienne abbaye cistercienne au sein des Sept Montagnes, un moine étudiant les saintes Ecritures tombe un jour sur la phrase: "Pour le seigneur, 1000 ans équivalent à une journée". Cette affirmation provoque en lui des doutes, et tout en ruminant il sort de l'enceinte abbatiale. Il s'endort alors sous un arbre avant d’être réveillé par la clochette appelant à la prière. Arrivé au cloître, il est surpris de ne reconnaître aucun de ses confrères, tandis que ceux-ci sont à leur tour étonnés à la vue d'un étranger. On finit par constater que le dernier moine du même nom avait disparu mystérieusement il y a des centaines d'années. Il ne reste à notre moine plus que quelques moments pour saisir la justesse de la sainte Ecriture avant de tomber mort, tout en constatant que c'est Dieu qui domine les espaces et les âges.
 

Roland

Un jeune chevalier très beau et très fort du nom de Roland (allusion volontaire à la fameuse chanson médiévale française), fait une promesse d’amour à la belle et charmante fille du comte de Drachenfels, avant de partir en croisade. Lorsque la nouvelle de sa mort, atteint le château patrimonial, alors qu’il est en lutte en Espagne, la jeune femme cherche à se consoler au cloître voisin de Nonnenwerth. Le jour même de son vœu, Roland, qui en vérité a pu échapper à son sort, est de retour sur le bord du Rhin. Hélas rentré trop tard, il ne lui reste plus que de se désespérer en observant de loin sa dame de cœur, du haut de son château de "Rolandseck" ou lors de ses promenades dans le jardin du monastère. Les deux jeunes gens finissent par mourir jeunes et le cœur brisé. La seule trace encore visible de cette légende, est la ruine du château de Roland, avec sa fenêtre donnant sur l'île de Nonnenwerth.

 

reprise du début: La Montagne