Le Rocher du Dragon - Un voyage romantique sur le Rhin -    Musée de Cognac


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MONUMENTS SUR LE DRACHENFELS
 

Le 18 Octobre 1814 un premier monument 
en l’honneur de la "milice des Sept Montagnes" fut dévoilé. 
Cette troupe de volontaires avait assisté 
les troupes régulières lors de la libération 
de la rive droite du Rhin 
de la domination française en janvier 1814. 
Les inscriptions faisaient mention de deux officiers 
qui perdirent la vie au combat: 
Johann Joseph Genger habitant de Königswinter 
et le major prussien von Boltenstern. 
En 1843 le monument était en si mauvais état qu’il fut démoli.

Peu après la démolition du premier monument, 
un comité pour une nouvelle édification fut constitué. 
En 1857 s’élevait un nouveau monument. 
Le plan était de Zwirner architecte de la cathédrale de Cologne. Selon la volonté du comité 
les noms des officiers n’apparaissaient plus: 
le monument devait être dédié 
au combat de libération dans son ensemble. 
Les descendants de Boltenstern obtinrent cependant 
en 1914 qu’un autre monument 
en l’honneur de la "milice des Sept Montagnes" 
fut érigé sur le plateau du Drachenfels. 
Il s’agit d’une réplique du premier 
sur lequel les noms des deux officiers 
sont à nouveau mentionnés.

Jusqu’à une période avancée du 20e siècle 
le Drachenfels fut un lieu de patriotisme. 
A certaines occasions, telles les commémorations 
en souvenir d’événements nationaux, 
des étudiants et des chorales d’hommes 
gravirent la montagne dans un élan de solidarité.

 

Nicolaus Becker (1809-1845), 18 septembre 1840
 

Der deutsche Rhein

An Alphonse de Lamartine
 

Sie sollen ihn nicht haben,
Den freien deutschen Rhein.
Ob sie wie gier'ge Raben
Sich heiser danach schrein,

So lang er ruhig wallend
Sein grünes Kleid noch trägt,
So lang ein Ruder schallend
In seine Woge schlägt!

Sie sollen ihn nicht haben,
Den freien deutschen Rhein,
So lang sich Herzen laben
An seinem Feuerwein;

So lang in seinem Strome
Noch fest die Felsen stehn,
So lang sich hohe Dome
In seinem Spiegel sehn!

Sie sollen ihn nicht haben,
Den freien deutschen Rhein.
So lang dort kühne Knaben
Um schlanke Dirnen frein;

So lang die Flosse hebet
Ein Fisch auf seinem Grund,
So lang ein Lied noch lebet
In seiner Sänger Mund!
 

Le Rhin allemand
 

Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, 
quoiqu'ils le demandent dans leurs cris comme des corbeaux avides;

Aussi longtemps qu'il roulera paisible, portant sa robe verte; 
aussi longtemps qu'une rame frappera ses flots.

Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, 
aussi longtemps que les cœurs s'abreuveront de son vin de feu;

Aussi longtemps que les rocs s'élèveront au milieu de son courant; 
aussi longtemps que les hautes cathédrales se refléteront dans son miroir.

Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, 
aussi longtemps que de hardis jeunes gens feront la cour aux jeunes filles élancées.

Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, 
jusqu'à ce que les ossements du dernier homme soient ensevelis dans ses vagues. 
 
 
 

Alfred de Musset (1810-1857), 6 juin 1841
 

Le Rhin allemand

Réponse à la Chanson de Becker
 

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
Il a tenu dans notre verre.
Un couplet qu'on s'en va chantant
Efface-t-il la trace altière
Du pied de nos chevaux marqué dans votre sang?

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.
Son sein porte une plaie ouverte,
Du jour où Condé triomphant
A déchiré sa robe verte.
Où le père a passé, passera bien l'enfant.

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.
Que faisaient vos vertus germaines,
Quand notre César tout-puissant
De son ombre couvrait vos plaines?
Où donc est-il tombé, ce dernier ossement?

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.
Si vous oubliez votre histoire,
Vos jeunes filles, sûrement,
Ont mieux gardé notre mémoire;
Elles nous ont versé votre petit vin blanc.

S'il est à vous, votre Rhin allemand,
Lavez-y donc votre livrée;
Mais parlez-en moins fièrement.
Combien, au jour de la curée,
Étiez-vous de corbeaux contre l'aigle expirant?

Qu'il coule en paix, votre Rhin allemand;
Que vos cathédrales gothiques
S'y reflètent modestement;
Mais craignez que vos airs bachiques
Ne réveillent les morts de leur repos sanglant.

 

suite: Le Drachenfels et la Musique